« Il n'y a pas meilleure ville que Zootopie, j'ai pu réaliser mes rêves. »
ㅡ Ben - 22 ans, mannequin
« Zootopie est une ville si jeune et qui ne s'arrête jamais, je suis fière d'y habiter. »
ㅡ Anna - 24 ans, fleuriste
« J'avais tout perdu et quand je suis arrivé ici, j'ai réussi à retrouver du travail, un logement, une famille... »
ㅡ Anonyme
« J'adore cette ville, je ne pourrais vivre nul part ailleurs ! »
ㅡ Isabella - 19, étudiante
« Zootopie m'a apporté bien plus que ce que j'espérais, c'est une ville si enrichissante. »
ㅡ Steeve - 35 ans, thérapeute

LE MAIRE
compte fondateur - mp
Zootopie est une ville cosmopolite où ne vivent que des thérianthropes et où chaque espèce cohabite avec les autres ; qu’on soit un prédateur ou une proie, tout le monde y est accepté.
  Idéalisée, cette ville à l'aspect utopique, est au centre de toutes les attentions, avec cette idée que tous les rêves sont possibles et que chacun y a sa place, que chacun peut devenir qui il souhaite - que chacun puisse devenir quelqu'un de meilleur.  Mais la vérité est bien loin de cette utopie véhiculée, puisque les inégalités sont encore d'actualité et que la discrimination au sein de la population ne fait que s'accroitre...

 Plongez alors au coeur d'une intrigue où vous devrez combattre et mener une lutte pour prouver que vous êtes plus que ça, que vous valez bien plus que ça.

08/06/18
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[FINI] wolf & snake - rory
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Amelia E. Wood
ordre de la licorne
Mar 13 Fév - 17:42

wolf & snake
Ils étaient là, tapis dans l'ombre. Comme souvent, comme toujours. Ils restaient à l'écart, fourbes, discrets, effacés. Présents mais cachés, dangereux mais effrayés. Je les savais observateurs, murmurant des menaces eut égard des moindres humains passants. Mais ce n'était pas mon cas. Je me baladais, dansant presque, sautillant avec légèreté et une confiance aveugle en des reptiliennes que je comprenais. Moi entre tous, je pouvais leur parler. Moi, j'avais ce don unique en lien avec ce noble animal - et ils m'apportaient le réconfort et la compréhension qui échappaient à tant d'humains. Comme souvent, je les retrouvais ici. Comme souvent, de nuit, lorsque la surveillance était à son minimum et la nuit calme et propice à une sortie imminente. Au clair d'un quart de lune, une douce lueur brisait le voile sombre de l'ambiance nocturne sans pour autant la briser. La quiétude d'une relation unique, le contact des animaux qui, aujourd'hui, en dépit de notre parfaite entente, étaient peu nombreux. En fait, il était seul - et le concert de sifflements marqua le début d'une conversation effrénée.

Ce n'était rien d'intéressant, à vrai dire - je lui demandais des nouvelles de toute la portée de serpents, nouant une intimité lente mais solide avec eux. Ces conversations anodines reprenaient tout leur sens avec eux là où ce quotidien m'emplissait d'ennui lorsque je le partageais avec des humains. Peut-être que leur simplicité intellectuelle les rendait plus propices à la sincérité et nos interludes les attiraient suffisamment pour qu'ils viennent régulièrement à mon encontre. Je me penchais et le serpent grimpa délicatement sur mon bras pour se lover dans mes bras. C'était un privilège qui m'était rarement accordé et je fis quelques centaines de mètres à allure régulière avant de tomber sur une silhouette. Téméraire, je m'avançais à son encontre. Je n'étais pas sans ignorer les dangers d'une rencontre avec un membre du personnel - mais mes doutes se dissipèrent à mesure que son visage se dessinait.

Je le connaissais, comme la majorité des gens. Mais je le connaissais également au regard de rumeurs plus sombres et discrètes et il me semblait presque, tandis que je m'avançais vers lui, caressant délicatement le serpent dans mes bras, que son ombre avait une toute autre forme. Mais ce n'était sûrement qu'un reflet déformé.

- Tu es Rory, dis-je sans détours. Le loup-garou.

L'œil avide de savoir.
Et plus que tout, de danger.


robb stark





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Mer 14 Fév - 16:07

❝The Wolf and the Snake

T'as le cœur qui tambourine alors que tu as ton balais sur l'épaule ainsi que ta batte, revenant d'un entraînement solitaire sur le terrain de Quidditch. T'as les cheveux humides de la douche que tu as pris dans les vestiaires et tu sens quelques gouttes s'échouer sur ta nuque. Tu es en pleine forme en ce moment Rory, c'est la nouvelle lune, et tu as encore deux semaines avant de te sentir fatigué et lourd pendant plusieurs jours. Depuis l'été dernier, t'avais l'impression d'être une meuf avec ses règles tous les mois, à checker le calendrier lunaire tous les jours. Juste pour être sûr.

Les pensées dans le vague, tu ne remarques pas la jeune fille qui s'approche de toi, en fait, tu ne la vois même pas, jusqu'à ce qu'une voix vienne te virer de tes songes.

Tu es Rory, le loup-garou.

Tes sourcils se froncent sur tes yeux verts, et tu la juges de toute ta hauteur, calant ta batte sur ton épaule. T'es peut-être menaçant, dans cette position, mais tu t'en fous un peu. Tu n'apprécies pas que l'on vienne te parler de ta condition de loup-garou – et déjà comment était-elle au courant ? D'accord tu ne le cachais pas, mais tu ne le criais pas sur les toits non plus – surtout si tu ne connais pas la personne qui vient t'en parler. Et elle, elle, tu ne la connais pas. Son visage ne te dit rien, ni même ses cheveux, et sa silhouette ne ravive aucun souvenir.

Et toi, t'es qui ?

Tu n'aimes pas que l'on vienne sans se présenter, une question de respect, sûrement. Alors certes, une bonne partie de l'école te connaît : en premier lieu parce que t'es quand même dans l'équipe de Quidditch depuis trois ans maintenant, et, qu'à force, les gens savaient à quoi tu ressemblais, de plus, t'étais pas du genre à passer inaperçu dans les couloirs, alors oui, oui tu comprends qu'on te connaisse sans que tu ne connaisses forcément la personne qui vient et qui te parle, mais tu n'apprécies pas du tout que l'on vienne te parler de ta condition que tu n'acceptes pas encore totalement ; que tu n'accepteras jamais vraiment.

Alors tu restes là, Rory, les pieds bien ancrés au sol, la batte sur ton épaule, le balais dans l'autre main, et tu la regardes, la détailles, la juges. Parce qu'il y a quelque chose chez elle qui te dérange atrocement.

mi
février




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Amelia E. Wood
ordre de la licorne
Mer 14 Fév - 18:59

wolf & snake
Je l'observais - curieuse, perdue, impatiente. La tête pleine de sentiments si soudains, provoqués par la réaction étonnante. Il était soupçonneux, c'est ce que je pouvais en dire. Méfiant, peut-être, mais je n'en comprenais pas la raison. Je plissais mes yeux dorés pour l'observer avec plus d'attention et le détailler de haut en bas, comme il l'avait fait. Dans le noir, il était difficile d'apprécier la longueur de ses cheveux sombres et les traits les plus discrets de son visage. Je voyais l'interrogation, un agacement certain. Et tout un tas de sentiments si incompréhensibles qu'incongrus dans une situation où le bonheur aurait dû voiler son visage - je veux dire, ce n'est pas tous les jours que quelqu'un le qualifiait de loup garou sans la moindre peur, si ? La seule certitude, c'est que, contrairement à ce que je m'imaginais, il n'appréciait pas véritablement sa condition. J'avais espoir, eut égard des rumeurs, qu'il n'était pas différent de moi - une entité en désaccord avec les valeurs répandues, fier d'une situation qui le rendait unique et indifférent à la mauvaise réputation qu'elle pouvait bien lui octroyer.

- Je m'appelle Amelia, dis-je sans le quitter des yeux.

Ma main allait et venait sur les écailles sèches du serpent, sa peau glaciale aussi agréable au toucher que son contact intellectuel. Quelle drôle d'association, quand j'y pensais, mais c'était sûrement ce qui m'avait attiré chez lui : notre rapport si proche avec les animaux au point de nous confondre avec eux - littéralement, dans son cas. Le serpent avait dû sentir la pointe d'agacement car il redressa la tête pour la pivoter en direction de l'hybride, sifflant d'indignation.

- Voyons, ne sois pas vulgaire, marmonnais-je en sa langue.

Un œil réprobateur suffit à lui faire comprendre que je ne plaisantais pas. J'ignorais les rapports entre serpents et loup-garous et, de toute façon, je comptais bien construire celui-ci à partir de ma propre expérience.

- Je suis curieuse à ton sujet. J'aimerais savoir ce que tu ressens quand tu te transformes.

Au-delà de la sauvagerie. L'état d'esprit, du corps, de sa réflexion.
J'étais si proche des serpents sans pouvoir jamais en devenir - et en une morsure, lui avait échappé à sa condition humaine, au détriment de bien des choses, certes, mais lui seul avait la connaissance de ce qui pouvait être un début à mes réponses.


robb stark

[/quote]






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Mer 14 Fév - 21:50

❝The Wolf and the Snake

Elle t'observe avec ce même œil critique que le tiens, et tu hais vraiment cette sensation. Tu n'aimes pas cette sensation d'être observé pour quelque chose qui ne te définit pas vraiment, qui fait parti de toi, mais que tu rejettes un peu. Du moins non, ce n'est pas que tu rejettes cette partie de toi, Rory, ce n'est pas que tu la repousses, c'est juste que tu apprends encore à l'apprécier, à la contrôler, à l'accepter. T'as juste du mal à vraiment accepter cette partie de toi, à accepter ce que tu as vécu, ce à quoi tu as survécu.

Je m'appelle Amelia.

Son prénom ne te dit rien, et tu te contentes de hausser les épaules avant que ton regard ne soit attiré par le va et vient de sa main sur le serpent. Un frisson te parcourt. Tu n'aimes pas ces bestioles. Majoritairement, tu n'aimes pas les animaux à sang froid : beaucoup trop différents de toi. Puis le sifflement arrive à tes oreilles, et tu remontes un regard surpris vers elle, tes sourcils s'arquant sous la surprise.

C'est elle, la fourchelangue dont tout le monde parle. Bizarrement, tu l'imaginais plus menaçante que ça, sûrement le cliché qui est véhiculé par tout ce qu'on raconte ici et là. Soudain, elle t'intrigue. Tu es toujours méfiant, mais elle t'intrigue. Peut-être parce qu'elle est, comme toi, ce genre de personne reculé, ce genre de personne que l'on évite, dont on ne parle pas réellement. Et elle t'intrigue assez, Rory, pour que tu ne tournes pas les talons quand sa voix vient de nouveau chatouiller tes tympans.

Un rire t'échappe, un peu supérieur, bien trop amusé pour être vrai, et ton bras se déplie, ta batte venant cogner contre ton genoux.

Écoute chérie, c'est pas le genre de truc dont je vais parlé à quelqu'un que je connais pas. C'est pas le genre de truc dont je parle tout court.

Tu n'es pas un monstre de laboratoire, on ne t'examine pas, tu ne veux pas que l'on t'examine, que l'on t'étudie, et c'est bien une chose qui te dérange, qui te rend malade, c'est ce regard, si différent maintenant. Beaucoup l'ont appris, parce que tu ne le caches pas forcément, parce que tu n'as pas à le cacher, parce que tu n'es pas un monstre, tu es toujours toi, Rory, ce gosse qui aime un peu trop la vie. T'es qu'un gosse à qui la vie a pris beaucoup, mais qui désire vraiment continuer à avancer, tête haute, sans s'arrêter.

Je suis pas un rat de laboratoire qu'on examine.

Ta voix se fait froide, dure, sans appel, alors que tu la dépasses pour rejoindre le château, la bousculant au passage.

mi
février




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Amelia E. Wood
ordre de la licorne
Mer 14 Fév - 22:09

wolf & snake
Alors ça va finir comme ça, Rory ? Je n'y crois pas. Mes yeux se plissent, contrariés. Contrarié, le serpent l'est encore plus ; il se dresse, siffle bien plus agressivement, cette fois, amorce un geste dangereux et s'échappe de mes bras pour laisser tomber tout son corps sur le sol et rampe derrière le garçon. Je glousse, une seconde durant. Et une réflexion me vint tout aussi rapidement que l'amusement quant à cette situation - j'imagine les réactions, mon futur quand je réalise que je n'appartiendrai plus à cette école si le serpent attaque.
Je réalise tout ce que je peux perdre si je ne réagis pas.
Je fais volte-face en une seconde, cours pour arriver devant lui et pousse brutalement Rory sur le sol alors que le serpent amorçait un geste pour s'enrouler autour de sa jambe. Tournant le dos au loup, je fais face à l'animal que je considère avec désapprobation, bien conscient de la tournure que prennent les choses. C'est à cause de moi - mais je ne suis pas du genre, et je n'ai pas la moindre envie de m'excuser. Même auprès des serpents. Mon regard se durcit, cette fois - et ma voix se fait beaucoup plus dure, mélangée dans un calme surprenant, compte tenu du fait que je l'avais déjà averti une fois.

Ne pas toucher les élèves, du moins, quand je suis en train de leur parler. Bien que ce dernier ait voulu mettre fin à notre discussion, ça ne l'excluait pas des règles pour autant.

- File d'ici, conclus-je sèchement.

Cette fois, pas de réponse indignée, d'hésitation ; le reptile hocha doucement la tête, comme dans un sentiment docile, compréhensif et il disparut rapidement entre les herbes hautes. Je me tournais à nouveau face au garçon auquel je n'adressais aucun signe de politesse ni de culpabilité.
Mes yeux ambrés, plantés dans les siens. Jugeant.

- Tu es complètement stupide ?

Le ton était dur mais à la hauteur de mon ressenti. Bousculer quelqu'un qui tenait un serpent dans les bras ? Il fallait être vraiment idiot - si je n'étais pas Fourchelang, il serait mort. À vrai dire, si je ne l'étais pas, c'est même moi qui serait morte - car j'étais la plus proche de la créature de sang froid et le choc l'aurait rendue agressive envers l'être humain le plus proche.

- Tu es fâché parce que je te pose une question ? Je peux tout aussi bien te fuir comme la peste et parler dans ton dos si tu préfères. Pas étonnant que ton espèce soit si mal vue si vous réagissez tous comme ça à une simple question.

Et c'est le mépris qui teintait mon regard. La déception. J'essayais de comprendre - mais s'il était incapable de partager les choses, ce n'était pas mon problème. Susceptible, alors ? Les dons uniques n'étaient pas faits pour ce genre de personnes.


robb stark







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Mer 14 Fév - 22:24

❝The Wolf and the Snake

Pour qui elle se prend, pour venir poser des questions comme ça ? Pour qui elle se prend, de venir dans ton intimité, venir te poser ce genre de question alors que tu ne contrôles rien, alors que cette... chose fait parti de toi depuis moins d'un an, alors que ça ne fait sept lunes. Que sept transformations. Que sept agonies. Comment ose-t-elle ?!

Tu ressers ta prise sur ta batte, en colère, contre toi-même. Qui était-elle, pour venir poser ce genre de question ? Et pourquoi étais-tu assez stupide pour ne pas cacher ta monstruosité ? Hein, Rory, qui étais-tu, pour ne pas cacher ce monstre que tu étais ? Qu'est-ce que tu fous encore ici, dans cette école, hein, Rory ? T'es qu'un monstre, t'es que... On te bouscule, et tu perds l'équilibre un instant avant de te rajuster sur tes deux pieds, te tournant vers Amelia qui semble en pleine conversation avec le serpent sur le sol. Sérieusement ? Qui était-elle pour venir te poser sur ce genre de question sans penser une seule seconde au fait que, peut-être, tu n'étais pas à l'aise avec ta condition ?

Tu es complètement stupide ?

Et tu ouvres la bouche pour répliquer, mais elle ne t'en laisse pas le temps. Et tu es là, les bras ballants, et tu as cette soudaine envie de la frapper... avant qu'un poids énorme vient s'échouer sur ton épaule, sur ton estomac, te donnant cette horrible envie de vomir. Un peu comme à chaque lendemain de pleine lune, quand tu te regardes dans le miroir.

Tu fais parti d'une espèce, Rory. Tu fais parti d'une race. Tu es un monstre. Et ça te ronge, et t'as l'impression que tu vas t'effondrer, d'un coup. Mais tu chasses ces idées de ton esprit, tu ne veux pas te reposer là-dessus, parce que tu as fais le deuil de l'adolescent que tu étais, parce que tu as compris que tu serais à jamais différent, parce que as préféré tout laisser tomber, t'as préféré abandonner cette ancienne vie, un peu comme pour dire que tu avais accepté, alors qu'en fait, t'as juste cette envie de chialer toutes les nuits.

Et toi tu te prends pour qui ? Pour m'aborder comme ça, venir me demander des trucs sur ma vie privée alors que ça ne te concerne pas ? Ça te concerne pas, j'sais pas qui t'es, j'te connais pas, j'te fais pas confiance, t'es rien pour moi, t'es que dalle. Alors c'est cool t'as pas peur de moi, tant mieux pour toi, mais à vrai dire j'en ai rien à foutre que t'aies peur ou pas. C'est ma vie privée, et j'ai pas à la partager avec toi.

Non Rory, tu n'as pas à la partager avec elle. Mais tu aimerais juste lâcher prise, et tout déballer, tout laisser tomber.

mi
février




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Amelia E. Wood
ordre de la licorne
Mer 14 Fév - 23:15

wolf & snake
Alors, il était vraiment fâché. Mes yeux demeuraient posés indubitablement sur lui, le jaugeant dans son entièreté sans la moindre compassion, glaciaux comme une tempête d'hiver, grésillant comme un ouragan, fermés comme le ciel nocturne. Ambrés, malgré tout - et toutes ces émotions se reflétaient dans cette couleur, en dépit de sa clarté. Mes yeux, je les aimais bien - aussi expressifs que mon visage, voire davantage et se chargeant d'exprimer ce que les mots refusaient de traduire. En ce moment, ma déception se mêlait à une touche de colère devant laquelle régnait cette curiosité si puissante, dominant, cette recherche perpétuelle de réponse, de nouveauté, d'une vérité qui pouvait se cacher n'importe où.

- Je ne me prends pour personne, répondis-je paisiblement.

Du tac au tac, tandis qu'il poursuivait son discours, agacé. C'était même plus que ça, comme un animal en danger, dans leur stade le plus dangereux et sa colère laissait glisser un sentiment de dangerosité au creux de mon estomac - ce qui m'amusait plus qu'autre chose dans la mesure où c'était l'une de mes sensations préférées. En silence, je le laissais terminer. Peut-être avait-il pris ma bousculade pour une nouvelle agression auquel cas, il avait sûrement l'impression d'avoir une fille cintrée qui lui collait les baskets - ce qui n'était pas si éloigné de la réalité, le côté pot de colle en moins, mais il n'avait pas besoin de savoir quoi que ce soit à ce sujet.

- Si tu veux me l'entendre dire, je suis navrée de cette question indiscrète.

Ce que je n'étais, bien sûr, absolument pas.

- C'était à peu près aussi intelligent que de bousculer un serpent, si tu veux mon avis. Je te conseille d'éviter le jardin pendant quelques jours, la petite dame n'était vraiment pas contente.

Haussement d'épaules nonchalant.
Peut-être pouvais-je aller faire un tour chez eux pour convaincre les reptiles de ne pas attaquer le garçon mais je n'étais pas certain de le vouloir. Je me moquais de ce qu'il pouvait arriver à une personne pareille mais je n'avais pas abandonné ma quête de réponses. Sa colère, à vrai dire, me laissait indifférente, tant je n'en comprenais les raisons.

- Nous ne sommes pas si différents, osais-je à voix baisse.

De nature. Et nos caractères, on ne peut plus opposés.

- Que faut-il pour que tu me répondes ?

Rien de mieux que la franchise pour obtenir ses réponses.


robb stark







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Jeu 15 Fév - 18:54

❝The Wolf and the Snake

Boum boum boum. Et t'as le cœur qui tambourine, le sang qui circule trop vite dans tes veines, et tu les sens pulser sur tes tempes. Boum boum boum. Et t'as juste envie de te détourner et de laisser tomber, mais tu laisses pas tomber, Rory, t'es pas du genre à laisser tomber. Non, bien sûr que non. T'es là, et tu restes là, tu es là et tu te bats, toujours, tout le temps, c'est toujours ce que tu fais, tout le temps. Tu te bats, tu te montres, mais jamais, jamais tu ne te détournes, jamais tu ne fuis.

Et elle s'excuse, soit-disant, et tu lèves les yeux au ciel bien trop noir. Faudrait rentrer, en plus, t'as encore les cheveux humides et t'as pas envie d'attraper la crève. Et elle continue de parler, et tu as juste envie de la secouer dans tous les sens en lui disant que t'en as rien à branler. Parce que t'en as rien à foutre, de ces serpents, ils ne doivent pas être bien venimeux s'ils sont dans les jardins de l'école.

La batte tape contre ton genou, et tu attends un instant avant qu'elle ne reprenne la parole :

Nous ne sommes pas si différents.

Si. Vous êtes même complètement opposés. Son don fait parti d'elle, il a toujours fait parti d'elle, elle n'est pas un monstre à cause de ça, elle ne risque pas de transformer des gens, ou d'en tuer. Évidemment, que vous êtes différents, vous n'avez rien d'identiques, rien qui n'est semblable. Et sa question arrive, et tu hausses les épaules.

Et si j'ai tout simplement pas envie de te répondre ?

Parce que tu n'en as pas envie. T'as pas envie de te dévoiler, comme ça, de dire ce que tu ressens, de raconter cette transformation, ces pensées qui te traversent, cette douleur, ces cris, ces hurlements, cette peine, ce malheur que tu n'arrives pas à retirer de toi. Tu n'as pas envie de parler de la fin de ta transformation, de ton retour à la réalité, de cette envie de pleurer, de cette envie de crever, alors que tu as mal, si mal, tellement mal, même malgré la potion, même malgré toutes les avancées qui ont été faites ces dernières années pour améliorer les conditions des loups-garous.

Non, tu n'as pas envie de répondre à ce genre de question, Rory, parce que tu n'es tout simplement pas prêt à te dévoiler. Pas encore, peut-être jamais.

mi
février




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Amelia E. Wood
ordre de la licorne
Jeu 15 Fév - 20:21

wolf & snake
Le silence se dépose au milieu du jardin comme une fatalité décisive, recouvrant la tension comme un élément final, une serrure, la fin irrémédiable de notre maigre entrevue. Les yeux fermés au doux sifflement de cette mélodie, j'aperçois les formes enrobées de couleur, cette douce teinte rougeâtre d'une tension naissante qui vient se mêler au blanc grisant du silence éternel. Le loup refuse, sous tension, animal solitaire ; il se renferme, observe de ses yeux de tempête le calme du reptile un peu trop avenant. C'est comme le poème d'une rencontre animal, la confrontation d'esprits opposés dont l'association ne peut que dessiner les courbes d'un mal irréversible. C'est impossible, je le comprends bien, et cette carapace solitaire se dessine au milieu d'un champ de douleur dont je sens la silhouette se dessiner, dressant une barrière comme un bouclier étanche aux nouvelles souffrances. Le loup piétine comme prisonnier d'une cage dont il comprend la présence et évite d'en enfoncer les barreaux pour ne pas avoir à rendre des comptes. Il ne craint pas le courroux et je sais que sa seule crainte, elle n'est pas vraiment là.

- Je ne te force à rien.

Il semblait acculé, comme agressé par une demande pour laquelle je n'avais même pas insisté. Sa barrière se dressait devant moi inutilement face au faible coup amical et je revis alors tout ce qui s'était enchaîné. Sa bousculade, le serpent qui se dressait. La colère d'avoir frôlé le renvoi s'il s'était fait mordre, l'agressivité, la peur, l'adrénaline. Et maintenant, je demeurais sereine - consciente d'avoir fait montre de plus d'incompréhension que de tout autre chose. Nous marchions en parallèle sur des chemins différents et nos ressentis ne menaçaient pas même de se croiser. Et alors, le déclic se fit - car si la barrière menaçait, il n'avait que ce son auquel se fier et mon coup n'avait peut-être pas semblé si amical.

- J'ai compris. C'est une mauvaise chose de s'intéresser à ta nature de loup-garou sans te connaître. Je ne savais pas.

On avançait.
Du moins, j'avais l'impression de progresser, humainement. Un maigre sourire fendit mes lèvres et je m'assis dans l'herbe, en face de lui, laissant une certaine distance. Je comprenais maintenant, aussi, je pris soin de ne pas l'approcher.
C'était un apprentissage sur l'instant et je ne voulais pas refaire la même erreur.

- Je voulais rencontrer quelqu'un qui avait l'habitude de faire l'objet de la peur, de vraiment différent. Tu es le premier en quatre ans. Mais si tu es aussi peu enchanté par l'idée, je te laisserai tranquille.

Haussement d'épaules.
Je n'étais pas vraiment gênée de ma situation mais je voulais un avis pur, dénué de préjugés. Je voulais que quelqu'un me regarde dans les yeux sans y voir le reflet d'un serpent comme je pourrais regarder le loup sans peur. Comme je le faisais et le ferai toujours, quoi qu'il décide de faire. Peut-être, en définitif, qu'il n'était pas digne d'intérêt - ou peut-être qu'au-delà de cette nonchalance se découvrait une personnalité passionnante. La curiosité me guidait, me rongeait - le détruirait.


robb stark







Invité
Invité
Jeu 15 Fév - 21:57

❝The Wolf and the Snake

Heureusement, qu'elle ne te force à rien ! Tu soupires légèrement, continuant de taper ton genou avec ta batte. Puis elle reprend la parole, elle brise le silence et tu la regardes, assez surpris. Parce que tu as l'impression d'avoir Alana, devant toi. Tu as l'impression d'avoir ta nièce, qui ne comprend pas ce qu'il faut dire ou pas, comment il faut le faire et pourquoi. T'as l'impression d'avoir une enfant devant toi, d'un coup, et ça te perturbe. Ça te perturbe vraiment, et ça te rend même encore plus méfiant.

Tu l'observes s'installer dans l'herbe alors que tu restes debout. Tu étouffes un bâillement comme tu le peux avant qu'elle ne parle de nouveau.

Je voulais rencontrer quelqu'un qui avait l'habitude de faire l'objet de la peur, de vraiment différent. Tu es le premier en quatre ans. Mais si tu es aussi peu enchanté par l'idée, je te laisserai tranquille.

T'es quelque chose qui fait peur, dorénavant, Rory. T'es un monstre, quelque chose que l'on craint et ça craint. Ça craint vraiment. Tu soupires de nouveau, ta batte tapotant toujours sur ton genou et tu cherches un instant quoi lui dire, quoi lui répondre. Après tout, elle n'était pas si différente, sa différence ne tuait pas, sa différence ne transformait pas les gens en monstre, sa différence était simplement de parler une autre langue. Rien de bien méchant, finalement.

T'es toujours humaine, t'es pas un monstre, je vois pas pourquoi on aurait peur de toi.

Mais tu ne la connais pas plus que ça, peut-être qu'elle est terrifiante, mais que tu ne le sais pas. En dehors de ce don, peut-être qu'elle était terrifiante. Il y avait des milliers d'hommes et de femmes, moldus ou non, qui étaient terrifiants. Ils n'avaient pas besoin de parler à des serpents pour l'être.

J'dois y aller, j'ai pas encore bouffé et j'ai la dalle.

Et tu fais volte-face, laissant toutes tes questions de côté.

T'es un monstre Rory. T'es devenu un monstre et tu n'as pas envie de te l'avouer, tu n'as pas envie de l'accepter. T'es un monstre, Rory. Un monstre qu'on devrait éradiquer.

mi
février




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