« Il n'y a pas meilleure ville que Zootopie, j'ai pu réaliser mes rêves. »
ㅡ Ben - 22 ans, mannequin
« Zootopie est une ville si jeune et qui ne s'arrête jamais, je suis fière d'y habiter. »
ㅡ Anna - 24 ans, fleuriste
« J'avais tout perdu et quand je suis arrivé ici, j'ai réussi à retrouver du travail, un logement, une famille... »
ㅡ Anonyme
« J'adore cette ville, je ne pourrais vivre nul part ailleurs ! »
ㅡ Isabella - 19, étudiante
« Zootopie m'a apporté bien plus que ce que j'espérais, c'est une ville si enrichissante. »
ㅡ Steeve - 35 ans, thérapeute

LE MAIRE
compte fondateur - mp
Zootopie est une ville cosmopolite où ne vivent que des thérianthropes et où chaque espèce cohabite avec les autres ; qu’on soit un prédateur ou une proie, tout le monde y est accepté.
  Idéalisée, cette ville à l'aspect utopique, est au centre de toutes les attentions, avec cette idée que tous les rêves sont possibles et que chacun y a sa place, que chacun peut devenir qui il souhaite - que chacun puisse devenir quelqu'un de meilleur.  Mais la vérité est bien loin de cette utopie véhiculée, puisque les inégalités sont encore d'actualité et que la discrimination au sein de la population ne fait que s'accroitre...

 Plongez alors au coeur d'une intrigue où vous devrez combattre et mener une lutte pour prouver que vous êtes plus que ça, que vous valez bien plus que ça.

08/06/18
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[FINI] The blue boy - Ft. Leyth H. Walsh
 :: château :: Premier étage :: Infirmerie

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Hugo Donovan
ordre de la licorne
Lun 19 Fév - 20:51



The blue boy
Hugo Donovan & Leyth H. Walsh

On voyait que la journée avait fait son œuvre rien qu’en regardant la tenue de la licorne. Sa chemise, toujours impeccable était toute froissée en cette fin de soirée. Il n’y avait que sa cravate, fidèle au poste, qui semblait encore à sa place. Sa cape, elle, s’était perdue dans les draps. Il n’avait pas envie de bouger de sous sa couette et il avait refusé de décrocher quand Helen lui avait téléphoné. Sa petite sœur avait comme un sixième sens pour savoir quand il allait moins bien. Et malgré la dizaine d’appels et sûrement le hibou qui arriverait le lendemain matin à la première heure, il était resté silencieux. Il ne voulait voir personne.

Si on demandait au cinquième année ce qui l’avait fait sortir de son lit ce soir-là, ignorant les questions insistantes de son colocataire, il répondrait qu’il ne savait pas. Peut-être que ses questions étaient trop lourdes à porter ce soir. Peut-être qu’il avait juste besoin de se confier à quelqu’un qui ne le jugerait pas. Ou peut-être qu’il avait juste besoin de mettre des mots sur ce qu’il ressentait. De hurler ce qu’il gardait enfoui en lui. Cet inconnu qui le faisait passer de longues heures à se regarder dans le miroir le matin. À transformer son visage et son corps jusqu’à en pleurer d’épuisement, face à ce reflet qui ne lui convient jamais. Face à ce reflet de cet inconnu en qui il ne se reconnaissait pas…

L’irlandais n’avait jamais eu une santé fragile. Il était bien tombé malade ici et là dans son enfance, mais du repos au chaud et quelques potions concoctées par sa mère étaient suffisantes pour le remettre sur pied. Et même à l’école, il n’avait jamais eu de soucis de santé majeur. Quelques écorchures tout au plus suite à de la maladresse, une cheville foulée en loupant une marche en deuxième année. Ce n’était pas un problème physique, un bras cassé ou un mal de ventre qui le menait dans ce lieu de soin. C’était quelque chose de plus profond, qu’il traînait comme un poids. C’était ce qui faisait de lui la personne qu’il était, cet étranger qui l’effrayait.

Les deux étages qui séparaient son dortoir de l’infirmerie lui semblèrent des kilomètres, alors qu’il n’y avait que quelques marches tout au plus. Évitant soigneusement le reflet des vitres et du sol reluisant, l’adolescent marchait sans regarder autour de lui. Il sentait sa magie s’activer, sa chevelure bleue devenait de plus en plus claire, avec des soubresauts de rose, de jaune ou de vert. Un feu d’artifice de couleur qu’il cherchait en vain de calmer. Pour certains, les yeux étaient le miroir de l’âme et pour Hugo, c’était sa chevelure et son visage trop expressif.

C’était une mauvaise journée et ses interrogations revenaient de plus bel, tourbillonnant sans fin dans son esprit fatigué. Qui avait-il le droit d’être ? Qui allait-il devenir ? Il ne savait pas. Lui, voulait juste être quelqu’un comme les autres. Il ne voulait plus se poser toutes ses questions. Il voulait juste être lui-même.

Ses mains tremblaient d’appréhension quand il frappa à la porte puis l’ouvrit.

La pièce était d’une clarté presque aveuglante malgré la nuit. Il y avait du blanc. Du blanc et encore du blanc. Et lui, avec son pantalon noir d’uniforme, sa chevelure bleue et ses orbes ambrés qui regardaient à droite et à gauche, perdue dans l’immensité de la pièce. L’odeur ne lui était pas désagréable, rappelant celle du laboratoire de sa mère. Il ne semblait pas à sa place dans ce lieu, restant sur le perron, sans oser franchir la ligne invisible qui séparait le couloir de l’infirmerie.

Quelques secondes qui lui parurent une éternité, il songea à faire demi-tour et fuir à toutes jambes. Mais Hugo n’était pas le genre de personne à tout abandonner une fois le premier pas amorcé. Et il avait fait ce qui lui semblait le plus dur. Oser venir jusqu’ici et affronter les réponses qu'il souhaite autant qu'il redoute.

« Excusez-moi… »

Ses quelques mots, murmurés du bout des lèvres, brisèrent le silence de la grande salle et lui revinrent avec violence aux oreilles, comme s’il venait de hurler à en perdre la voix. Il n’était pas timide, mais il appréhendait ce qu’il allait advenir dans les minutes. Il ne savait pas s’ils pouvaient faire quelque chose pour soigner son âme. Mais une chose était sûre, Hugo avait besoin d’aide.
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Leyth H. Walsh
Apprenti Infirmier
Mar 20 Fév - 22:58

"The blue boy"
-1-
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Et puis, finalement tu relèves la tête.
Enfin. Après des heures passées le dos voûté, plongé dans le papier encré, celui qui se mêle aux autres pour former d'épais dossiers, tu viens d'enfin relever la tête pour transpercer de tes yeux les vitres qui, à présent, ne laissent transparaître que des formes sombres et indistinctes.
Tu soupires en laissant un léger « déjà » s'échapper de tes lèvres minces, mélodie fatiguée, le temps venait de te filer entre les doigts sans même que tu ne puisses le voir passer, s'envolant en un instant, éclipse soudaine du soleil.
Le règne nocturne de Séléné avait commencé.
Tu étires ton corps doucement, jambes engourdies, tête cotonneuse avant de finalement t'adosser contre un mur, livre en main.
Tu fais glisser tes doigts au bout des pages dont le froissement et le frottement viennent briser ce silence qui se fait régulier. On se surprend alors à attendre le prochain frottement, promesse que même si une page se tourne, une autre suit.
Tes gestes se font alors fluides et doux, les connaissances défilant sous tes yeux, miroir des mots que tu lis, tu t'en abreuves, Leyth, à grandes gorgées même.
Tu sais que tu es de permanence pour la soirée, alors tu refoules la fatigue, prêt à aider, prêt à soigner les maux, à bondir hors de cet espace clos si besoin, parce que tu es comme ça Leyth, tu es là, t'es toujours là en fait, tu es de ceux qui veillent du coin de l'oeil, qui ne disent rien mais qui regardent, à l'affût, aux aguets, prêt à déceler la moindre lèvre qui tremble, la voix qui flanche, les jambes qui s'ébranlent. Prêt à entendre et à voir, ce qu'on ne dit pas et ce qu'on cache.
Les minutes passent, les pages s'amassent avant que tu n'entendes une voix faible te parvenir de l'entrée.
On a besoin de toi Leyth.
Alors tu poses le livres si instructif sur les herbes médicinales tout en laissant un « J'arrive » glisser sur tes lèvres, assurance de ta présence, promesse de ta venue, avant que tes pas résonnent dans la pièce immaculée de blanc, pureté étincelante, peut-être écrasante pour certains, mais d'avantage apaisante d'après ton jugement.
Tu viens, tu t'approches, sourire aux lèvres, les yeux brillants, tu es bienveillant et avenant, un nuage flottant dans un ciel trop blanc.
Et d'un signe de tête tu l'invites à te suivre dans une pièce à côté pour lui offrir de quoi s'asseoir.
Tu t'installes sur une chaise derrière le bureau attendant patiemment que le jeune homme prenne place.
Tu le regardes attentivement percevant une gêne certaine, un manque d'assurance trahit par ses pas incertains, détail qui n'en est pas un pour toi, car tout compte, tout importe, pourvu qu'on apporte l'attention nécessaire.

D'un sourire fleuri au creux de tes lèvres, tu laisses ta voix douce flotter, embaumer la pièce d'un parfum - que tu espères - rassurant.

« Il me faut juste ton nom et ton prénom avant s'il te plaît, et tu peux ensuite me dire la raison de ta venue »

La tête plongé dans un carnet que tu remplis tu t'arrêtes un instant avant de relever la tête.

«  Et tu peux prendre ton temps, bien sûr. »


Tu ne le dis pas Leyth, tu attends, tu attends sa réponse, que sa voix vienne t'offrir la vérité, mais tu la sait, n'est-ce pas ?
Tu sais que la raison de sa venue n'est pas due à un rhume, à un mal de tête ou à des maux de ventre, non, la raison est tout autre mais pas moindre, il s'agit de maux plus profonds, les maux de l'âme et les maux du cœur, ceux qui froissent et qui déchirent. Tu le sais Leyth, tu connais ça.
Et tu sais qu'un millions d'anti-inflammatoires ne feront rien parce que c'est un feu qui ne s'éteint pas si facilement.






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Hugo Donovan
ordre de la licorne
Mer 21 Fév - 19:38

// Changement de personne pour l'écriture - Désolé de la gêne //



The blue boy
Hugo Donovan & Leyth H. Walsh

Tu commences à suivre l’infirmier, regardant autour de toi. Les lieux sont accueillants, d’une blancheur presque douloureuse pour tes yeux ambrés plus habitué aux couleurs chaleureuses de l’école et de ta chambre. Pourtant, tu frissonnes, ta fine chemise ne te réchauffant pas. C’est l’anxiété qui se fait sentir, rien d’autre. Ton pas est hésitant. Tu ne sais pas comment tu dois agir, ce que tu dois dire. Tu sais aussi que la question viendra. Cette question qui t’angoisse depuis que tu as décidé de venir ici demander de l’aide. Dans ton esprit, tout est clair, tout est limpide. Tu sais comment dire les choses. Tu as créé mille scénarios. Mille manières de dires les choses. Et pourtant, maintenant, tu ne sais pas quoi dire à l’homme qui t’accueilles.

Tu t’installes en face de lui, sur une des chaises qui encadrent le bureau. Tu n’as toujours pas pris la parole. Tu n’es pas prêt. L’espace a quelque chose d’apaisant et de rassurant, mais pourtant, tu joues nerveusement avec la manche de ton haut, sans oser regarder la personne qui te fait face. Tu te mordilles même la lèvre inférieure, habitude enfantine que tu avais perdue au fil des années. Toutes ses petites mimiques que tu pensais avoir reléguées au passé qui trahissent ton anxiété. Sans parler de ta chevelure qui passe tour à tour de son bleu pâle habituel à une myriade de couleur pastel, apportant comme une touche de lumière dans la pièce. En effet, tu n’es pas serein Hugo. Tu as pris ton courage à deux mains pour venir ici, c’est bien beau, mais que vas-tu faire maintenant ? Vas-tu prétexter un mal de tête alors que tout ton être hurle le contraire ou bien vas-tu oser dire que le problème, c’est ton âme ?

« Il me faut juste ton nom et ton prénom avant s'il te plaît, et tu peux ensuite me dire la raison de ta venue. »

La voix calme de Leyth te tire de tes réflexions et c’est à ce moment-là que tu te rends compte que tu étais parti dans tes pensées. Une fois de plus. Ta bouche et sèche et tu dois t’y reprendre à deux fois pour annoncer ton prénom et ton nom : « Hugo Donovan ». Ce n’est pas compliqué pourtant, tu le fais depuis que tu as appris à parler. Deux mots à aligner et te voilà déjà en difficulté. Qu’est-ce que ça va être lorsque tu vas devoir passer aux explications.

Il y a quelque chose chez le blond qui te met en confiance, qui te donne envie de baisser tes barrières et de lui parler à cœur ouvert. De parler à cet inconnu qui risque de te prendre pour un fou avec tes mots maladroits mais tellement criants de vérité. Comme si, d’une manière, il pouvait réussir à te comprendre. Et qu’il pouvait faire quelque chose pour ton âme en peine. Tu n’as pas grand espoir, mais tu as envie d’y croire. Pour quelques minutes au moins.

« Je… »

Ta voix se met à trembler lorsque tu essaies de prononcer tes premières paroles et des larmes te montent aux yeux. Tu t’enfonces un peu plus dans ton siège, cherchant à fuir les orbes azurés qui te fixent avec bienveillance depuis le début de votre rencontre. Tu n’es pas prêt. Mais tu ne le seras jamais si tu n’oses pas prononcer ses quelques paroles Hugo. Tu es venu demander de l’aide ce soir car tu sais que tu ne tiendras plus très longtemps à faire face à tes tourments. Bien sûr, tu as ta famille, tes sœurs, tes amis. Mais ce n’est pas pareil. Ils ne peuvent pas comprendre ce que tu endures. Ce que tu te fais subir jour après jour, à inlassablement te regarder dans le miroir.

Tu te cherches Hugo. Et bien plus qu’un problème d’adolescent, c’est un poids que tu traînes depuis ta petite enfance. À ne jamais savoir ce que tu veux, ce qui te plaît. En grandissant, les choses ne se sont pas arrangées. Tu as eu à affronter le regard des autres, mais surtout ton regard sur ce corps qui ne semble pas t’appartenir et qui change. Ce corps mouvant que tu as appris à manipuler sans jamais trouver la réponse que tu as tant attendue. Ce don qui est pour toi une malédiction. La cause de tes tourments. Mais sans cette particularité génétique, est-ce que tu serais devenu quelqu’un d’autre ? Personne ne le sait. Tu dois apprendre à vivre avec. C’est injuste, mais c’est ainsi. Tu es encore jeune, tu n’as que quinze ans tout juste soufflés.

Tu envies parfois les autres, dans leur différence, dans leur singularité, te disant pour autant que vous avez tous vos problèmes. Et lorsque tes proches te parlent de leurs interrogations, tu es là. Tu es présent. C’est assez comique non ? Tu n’es pas capable d’appliquer pour toi certains conseils que tu leurs offres, tu les repousses bien souvent lorsqu’ils cherchent à te comprendre. Tu es plein de contradiction finalement.

Tu ne sais pas qui tu es Hugo. Là est le seul et unique problème. Tu bégaies, tu as du mal à parler, mais tu réussis enfin à murmurer ses quelques mots : « J’ai besoin d’aide… Je n’arrive pas à savoir qui je suis… Je suis perdu… »

Tu relèves alors timidement les yeux vers l’adulte, pourtant à peine plus âgé que toi, plein d’espoir.
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Leyth H. Walsh
Apprenti Infirmier
Jeu 22 Fév - 20:23

"The blue boy"
-2-
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Tu le vois Leyth, ça paraît dur, si dur, tellement dur.
Tu le vois détourner les yeux comme s'il n'osait voir son reflet dans les tiens.
Tu le vois se fuir.
Tu le vois et ça te fait mal, une douleur qui t'empoigne, qui te serre à la gorge parce qu'il a l'air si désespéré
si ...
perdu.
Dans ses propres abysses.
Au fond de son âme, dans l'antre de son corps, dans les entrailles du monde.
Mais tu ne dis rien, tu attends, tu l'écoutes, notes son prénom et son nom.

Hugo Donovan.

Et puis finalement, dans un mélange somptueux, aquarelle du corps, ses cheveux se teignent, absorbent et se gorgent de ses émotions, couleurs du cœur, tu sais dès lors, par ces couleurs diffusent, qu'il a ce don qui n'est qu'une malédiction atroce à supporter pour certains.
Parce que tout change, tout se mue.
C'est hors de contrôle.
On perd l'équilibre et puis plus rien est stable, on se tient debout sur un fil au bord du vide, prêt à tomber, prêt à chuter, les ailes coupées, avant que notre corps s'ébranle et que nos jambes flanchent.
Ce corps argile qui se brise lorsqu'il s'assèche, failles en son creux et ses cheveux miroir qui nous trahissent et nous trompent.
C'est dur. Une lutte interne, hémorragie du cœur.
Plus rien fonctionne
tout dysfonctionne
On tousse des larmes, on pleure du cœur, on se perd assis et puis on court perdus, on parle bouche fermée et puis on se tait lorsqu'on avoue.
On gueule en chuchotant.
On marmonne en s'époumonant.

Le silence comble l'absence de paroles avant qu'enfin les mots redoutés ne parviennent à franchir sa bouche.
Ses mots qu'il gardait dans sa gorge.
Qu'il refusait de laisser envahir sa bouche.
Lames au bouts des lèvres.
Il les ravalait malgré la nausée.
Tu t’assoies plus confortablement, passant une main dans tes cheveux, réfléchissant aux mots, à ses mots, à sa voix tremblante, éraillée par l'angoisse.

Voilà un maux complexe dont tu ne connais pas le remède
mais tu te promets de l'aider, de faire de ton mieux
petit à petit
doucement
promis, tout va s'arranger
pas à pas
minute après minute
heure après heure
promis, tout va s'arranger

Alors tu lui souris, le rassure d'un simple regard parce que tout va bien se passer.

 « Tu peux m'appeler Leyth et … Hugo, Tu sais que peu de personnes sont capables de dire ce que tu viens de me dire ? On a pas beaucoup de différence d'âge, donc, vraiment, je pense pouvoir essayer de te comprendre.
C'est en ça qu'être un apprenti-infirmier peu être utile parfois, comme je suis plus proche en âge des élèves.
J'aimerais savoir déjà si, déjà, tu as un problème avec le fait que tu sois métamorphomage ?


Ton calme et doux, tu combles le silence qui semble être si dérangeant pour lui, lorsque tu revêtis cette blouse blanche tu endosses sur tes épaules beaucoup de responsabilités, et tu es sérieux, méticuleux, si ce n'est professionnel, tu t'adaptes, appréhendes, comprends, tu n'est pas fondamentalement différent, mais tu es différent oui, tu te dois d'aider au mieux, tu te dois de prêter attention aux besoins des autres Leyth, tu le sais.
Pas de mots de travers
tout coule et rien ne va l'envers.










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Hugo Donovan
ordre de la licorne
Ven 23 Fév - 17:22



The blue boy
Hugo Donovan & Leyth H. Walsh

Tu écoutes sa voix. Sa voix qui semble réussir à t’apaiser. Ses propos te surprennent autant qu’il te rassure. Perdu dans tes tourments, tu ne t’étais pas rendu compte de sa jeunesse, de ses traits à la fois si adultes et qui portent pour autant les traces lointaines de l’enfance. Son regard assuré. Tu te concentres sur le moment présent, sur l’individu qui te fait face. Rien d’autre ne compte. Rien d’autre n’a d’importance pour le moment. Le soignant qui a décidé de d’offrir son aide, de te tendre la main. Quoi qu’il advienne, tu ne le décevras pas Hugo. Que tu choisisses d’accepter ou non de répondre à ses questions, de réaliser une introspection de tes sentiments, de tes émotions. C’est à toi choisir. Personne ne peut le faire à ta place.

Tu hoches la tête, appréciant sa considération et sa sincérité. Et tu ne sembles pas effrayé de son statut d’apprenti. Bien au contraire, comme Leyth le souligne vous n’avez que quelques années de différence. Il est plus à même de comprendre tes tourments d’adolescent, si l’on peut les nommer ainsi. Tu n’as pas trouvé d’autres mots pour exprimer cela. Pour qu’il comprenne ce qu’il se passe dans ton esprit.

Dehors, le vent s’est levé et tu entends le bruit des branches qui craquent, la pluie qui s’abat avec violence sur les vitres. Le temps à changer, un peu à l’image de ton cœur et de ton corps. La question te fait mal, une nouvelle fois. Est-ce que tu es triste d’être métamorphomage ? Tu as envie de dire oui. Tu as aussi envie de dire non. Face à ce choix cornélien, tu décides alors de lui raconter ta vie avec. Pour rompre ce silence qui te pèse, pour briser le silence qui t’oblige à te centrer sur tes problèmes.

« Je peux changer d’apparence à volonté… Je… Je suis né ainsi… Je sais m’en servir… On me l’a appris. Ma mère me l’a appris… »

Tu lui montres alors. Tu lui montres l’étendue de tes capacités. Pas pour l’impressionner, tu es bien loin de telles pensées, juste pour donner sens à ce que tu exprimes. Pour donner un peu de sens à ton angoisse. Tu te concentres, et sans un souffle, sans un bruit, ton apparence du tout au tout en quelques secondes. Ton corps et ton visage deviennent alors celui d’une jeune femme de ton âge au regard rieur, puis sans préavis, celle d’un homme d’âge mur aux traits marqués par la vie. Tu prends enfin l’apparence d’un enfant qui attends avec impatience sa lettre d’entrée avant de reprendre le physique que la nature t’a offerte et que tu abhorres au quotidien. Ta silhouette frêle, tes cheveux clairs comme le ciel d’été et ton regard ambré. Si jamais tu avais pris la parole, ta voix aurait elle aussi été différente. Tu trembles de nouveau. Ce n’est pas la fatigue, tout cela ne te demande pas le moindre effort. Cela fait partie de ton être, de ton ADN. Tu sens ce vide, ce précipice qui ressurgit avec violence, comme à chaque fois que tu utilises ton don. Ce manque de maîtrise sur tes émotions, ton cœur qui s’accélère sans que tu réussisses à l'apaiser.

« Je ne peux pas te dire… » Tu secoues la tête, résigné, essayant de contrôler tes émotions et ta magie. Mais tu n’y arrives pas. Tu n’y arrives plus. Tu es bouleversé… Tu as envie de fondre en larmes, de retourner sous ta couette et ignorer le monde qui t’entoure « Je… Je suis pris au piège… Je sais que beaucoup aimeraient faire de même… Mais moi… Je veux juste savoir quoi en faire… Et surtout trouver qui je suis… »

Sans t’en rendre compte, un petit changement a eu lieu. Ça y est. Tu le tutoies. Petit à petit, tu t’ouvres à lui. Sans forcement y mettre les formes. Tes propos sont peut-être décousus, mais ils crient de vérité. Les dés ont été faussés à ta naissance et depuis, tu n’as jamais réussi à trouver ta place, à trouver ton identité. Et c’est ça qui te pèse aujourd’hui. Qui te fait souffrir et qui te détruit à petit feu, comme un brasier interne que tu ne saurais calmer seul. Tu as l’habitude de souffrir en silence Hugo et même si ses mots te brûlent les lèvres et que tu refuses de l’accepter, tout cela fait partie de toi.
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Leyth H. Walsh
Apprenti Infirmier
Sam 24 Fév - 19:06

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En guise de réponse, son corps se mue, se transforme et se déforme, tu regardes alors le jeune homme délaisser son apparence originelle pour emprunter l'espace d'un instant celle d'une jeune fille puis d'un homme au visage ridé par le temps.
Pas de tour de passe-passe
 Pas d'illusion
Pas de chimères  ni d'hallucinations
Voilà une magie innée, celle ancrée, qui coule et s'écoule, fuse et se diffuse dans les veines.
Un don maléfique.
Un maléfice fantastique.
Tu ne saurais dire, c'est un jugement qui ne t'appartient pas.
Mais tu le vois Leyth, que pour lui, que pour celui qui se tient devant toi, l'air fébrile, les yeux fuyeurs il ne s'agit que d'un poison qui le ronge de l'intérieur.
Gengraine de l'esprit.
Ça le noircit, ça le bouffe, ça le détruit.
Injection en intraveineuse, c'est en lui.
Pour toujours et à jamais.
Et tu entends ses interrogations.
Tu les entends Leyth.
Tu les comprends, tu les vois aussi.
C'est hurlant.
  C'est criant.
Ça froisse son visage et voile ses yeux.
C'est fort et ça empoigne.
Tu ne le montres pas, mais t'as peur, ta peur de ne pas être à la hauteur.
D'être impuissant.

L'impuissance, ce mot qui te révulse à t'en donner la nausée.
C'est à en vomir.
Tu en as peur Leyth.
Tu en creverais si cela devait arriver encore une fois.
    Même juste encore une fois.
Une seule fois serait celle de trop.
    C'est déjà bien trop dur à supporter.

Tu réfléchis Leyth, tu es prêt à endosser le poids de ses questions, tu es prêt à le soutenir.
Soutenir celui au coeur cassé, à l'esprit fracturé qui se tient au bord du chemin.
Tu es prêt à le panser, à le soigner puis à reprendre la route avec lui, marcher, un peu plus doucement, en boitant peut être, mais ce n'est qu'en attendant que tout se répare, que tout guérisse avant qu'il ne puisse partir sans attelles.
Alors tu hoches la tête.
 Et puis tu laisses ta voix se répandre dans la pièce qui se fait chaude, si chaude.
Pas de pluie ici.
    Encore moins celle des yeux.
Pas de vent ici.
     Rien ne se brise ou ne s'effrondrera à tes côtés.

Je ne peux pas te dire que je comprends, je ne suis pas métamorphomage, mais je peux t'écouter et t'aider. Je peux apprendre à mieux te connaître aussi pour mieux te comprendre .
C'est ... quelque chose de complexe et de compréhensible dans le sens où l'adolescence est une étape déjà difficile certes mais je pars du principe qu'on ne peut pas juste dire que " ça va passer " ou que c'est "normal". Faut pas minimiser.
Surtout qu'on est tous différents et toi, tu as ce don. Un don qui, en soit, est une de tes spécificités.
On ne peut pas trouver des réponses et aller mieux du jour au lendemain mais ... je pense déjà que tu ne devrais pas chercher à savoir quoi faire de ton don. Ça fait partie de toi mais tu n'es pas qu'un don. C'est une de tes particularités ... L'exemple peut te paraître absurde mais les personnes souples, extrêmement souples n'exploitent pas nécessairement leur souplesse.
Mais c'est vrai qu'il y a un aspect incontrôlable au niveau de tes cheveux, et, honnêtement, ça te dérange non ? Tu te sens plus ... vulnérable ? Comme à nu devant les autres ?










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Hugo Donovan
ordre de la licorne
Sam 24 Fév - 20:49



The blue boy
Hugo Donovan & Leyth H. Walsh

Les propos de Leyth sont emprunt de sagesse. Quand bien même tu les trouves parfois quelque peu surfait, tu as besoin d’entendre ça aujourd’hui. Tu les accueilles avec toute la chaleur qui peuvent t’offrir. Le soignant est sincère au moins, et ça te change. L’infirmier a le tact de ne pas te dire les phrases bateaux que tu as entendu ici et là quand tu as été obligé par tes proches de voir ici et là des spécialistes. Ses phrases qui te faisaient bouillir en silence et chez qui tu refusais de retourner la fois suivante. Ses rares moments où tu t’obstinais. Ou tu refusais de sortir de ta chambre. Un peu comme n’importe quel enfant de huit ans que l’on cherchait à contraindre à faire quelque chose qu’il n’avait pas envie de faire en fait. D’autant plus que tu ressortais encore plus perdu de chacune de ses séances. Un peu plus effrayé par le futur qui s’imposait à toi. Après, tes souvenirs de cette époque sont flous. Ils remontent pour les plus anciens à une dizaine d’années, pour les plus récents à six ou sept ans. Et ton cerveau semble se faire une joie de les reléguer bien loin. Là où tu ne les cherches pas.

« Mes cheveux ? »

Tu le regardes pendant un court instant, un peu perdu. Que viennent-ils faire là ? Tu portes ta main à ses derniers, pour t’assurer que c’était bien le sujet de la question. Si tu voulais jouer franc jeu, tu lui répondrais que c’était ton moindre problème. Réellement. Tu a appris à vivre avec cette couleur-là, à assortir tes affaires pour ne pas ressembler à un sapin de noël ou une boule à facette. Même si tu n’arrives pas à accepter qui tu étais, tu veilles à ton apparence. À allier les différents vêtements et à te sentir bien dedans. Ce n’était pas grand-chose, voir même assez futile puisque toutes tes tenues personnelles se composent de la même manière : une chemise blanche, un pull un peu plus clair que tes cheveux, un pantalon simple. Des vêtements monotones qui t’apporte le réconfort d’être invariables. C’est la seule chose qui ne change pas et sur lequel tu as un pouvoir d’agir. Bon, il y a bien quelques nuances souhaitées ici et là. Et quand bien même ta famille te propose d’autres vêtements, tu refuses la plupart du temps. Tu as bien un costume ou deux pour les grandes occasions et des robes de différentes couleurs et épaisseurs selon les saisons. Autant dire que tu as de la place dans ton armoire pour y glisser des livres, des courriers, des photos et autres objets en tout genre. Et ça te va bien ainsi.

« Je crois que c’est la seule chose que j’aime bien. »

Tu hoches la tête pour appuyer tes dires. Tu la supporte plus qu’elle te plaît, cette couleur. De toute manière, tu ne choisis pas leur apparence, et quand bien même ils changent, tu serais dans l’obligation de t’y habituer. Modifier une seule partie de son corps nécessite étrangement pour toi beaucoup plus de concentration que de transformer ton corps tout entier. Et lorsque tu l’as dit à ta mère, qui restait malgré tout ton modèle, elle avait été surprise. Vous étiez issus du même sang et pour autant, vous étiez si différents. Si l’on vous comparait, vous seriez comme deux pièces opposées, comme deux faces d’un miroir discordant. Elle n’est tout ce que tu n’es pas au même âge. Tu es une énigme pour elle. Et malgré sa bienveillance maternelle, te voir malheureux sonne pour elle comme un échec. Elle aimerait tellement te voir croquer la vie à pleines dents. Mais non… Cette particularité génétique qu’elle avait apprivoisée comme une bénédiction n’était pour toi que calamité et ne laissait que désolation dans tout ton être.

« Et puis…» Ta voix s’abaisse de nouveau. Elle qui semblait avoir légèrement repris vie quand tu parlais de ta tignasse. Tes yeux se voilent de tristesse. « Je ne suis pas que mon…don. » Ton poing se crispe légèrement. D’agacement ou d’accablement. D’agacement et d’accablement. « Mais les gens ne voient que cela. Que cette foutue magie ! Je ne suis plus Hugo ! Je suis juste le métamophage ! Le garçon étrange aux cheveux bleus ! »

Tes sentiments remontent à la surface. Tu ne hurles pas. Ta voix reste étonnamment posée, il n’y a que ton intonation qui trahit ta fatigue. Ta lassitude et ta détresse. Si tu n’arrives pas à te voir autrement, c’est que tu cherches à te construire dans le regard des autres, comme n’importe quel adolescent. Tu te fies bien malgré toi à ce qu’ils pensent de ta personne. Alors que tu devrais t’affranchir de tout ça. De choisir par toi-même qui tu as envie d’être. Qu’importe les bien-pensants et les conventions.
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Leyth H. Walsh
Apprenti Infirmier
Dim 25 Fév - 13:39

"The blue boy"
-IV-
“  takes more than just a good looking body. You've got to have the heart and soul to go with it. ”- Epictetus
Tu hausses les sourcils, les yeux aux pupilles étonnées avant que tu ne fasses disparaître cet air surpris de ton visage que tu t'obliges à taire.
Ton visage se froisse, se plisse et se ride d'expressions parce que t'es comme ça Leyth, ton visage est l'antre de ton coeur, il n'est que livre ouvert, tu parles avec les yeux et d'un sourire, d'un rire on te comprend.
Mais lorsque ce voile blanc sillonne tes courbes, tu lisses ton visage l'obligeant à se taire parce que tu ne peux pas.
Tu ne peux pas Leyth.
       tu ne sais pas en faite.
Tu as peur
Peur de mal faire.

Alors tu prends une inspiration légère, à peine perceptible avant de poser tes yeux sur le jeune homme dont le corps commence à s'assouplir comme déridé d'angoisse, tu l'espères, tout ce que tu souhaites c'est qu'il ait confiance.
Alors tu regardes sa main venir se marier à ses cheveux bleus ne comprenant pas ta question, surpris par les interrogations que tu lui poses dont les réponses sont si evidentes pour lui.
De sa réponse, tu ne peux t'empêcher un léger sourire plissant tes rictus illuminer ton visage.
Peut être est-ce toi, peut être que c'est toi Leyth que ça dérangerait.
Des cheveux miroirs, reflets de tes émotions, couleurs révélatrices de l'âme.
Tant de vulnérabilité
       à découvert
Ça te fait peur ça.
Mais tu as connus un métamorphomage dont les cheveux dérangeaient par leur aspect changeant, se muant dans des couleurs incontrôlables.
 C'est ça Leyth, qui te fait peur.
     Perdre le contrôle.

Et puis il se crispe.
Tes longues paroles, tu l'espérais, allaient faire ressortir quelque chose.
Et voilà que son corps vient confirmer que des mots ont fait échos, bien trop malheureusement , en lui.
Des mots qui le blessent, des mots qui fâchent, des mots qui agrippent et justifient qu'on laisse émerger quelques sentiments, quelques émotions que l'on garde en nous.
Précieux poison
Juste au cas où.
Que l'on se plaît secrètement, à l'abri de notre propre regard, à s'en délecter.
C'est reposant. Moins compliqué et difficle que d'y succomber et de s'y abndonner.

Mais toi Leyth, là, t'aurais juste envie de te lever, de le prendre dans tes bras, de lui dire que tot va bien aller, qu'il n'est pas que ça et au diable les autres, laissons tomber leur cruauté avide, leur curiosité perverse, leurs regardes transperçants et lourds si lourds.
Mais ce serait tellement simple, trop facile et tu le sais.
Alors tu ne bouges pas, passe simplement une main dans te cheveux, geste symbole de ta réflexion.

Non, tu n'es pas que ce don et ... je ne pense pas que tous te voient seulement comme Hugo le métamorphomage mais, dans un sens, malheureusement, je pense que c'est inévitable que tes camarades et les autres élèves te voient comme ça. La différence attire. Les gens sont curieux sur ce qui est inhabituel

Tu marques une pause, les mots se bousculent, ils ne forment qu'un amas de lettres dans ta bouche, mélasse indistincte, ils te collent à la gorge tandis que tout se confond, tout se mélange et tout fond.
Tu n'es pas habitué Leyth, tu as du mal avec les mots, parfois, pas tout le temps, mais depuis ce jour, ces jours, d'avantage encore.

Tu n'es pas étrange ou quoique ce soit d'autre mais je peux comprendre que le jugement des autres soit lourd et que ça puisse t'énerver, peut être qu'ils te réduisent à ça parce qu'ils ne savent pas qui tu es ... ?

Tu t'excuses avant de te lever pour rechercher rapidement son dossier que tu trouves rapidement.
Tu le poses devant toi avant de l'puvrir puis tu regardes brièvement les antécédents qui se font rares si ce n'est quasiment inexistants et regardes les informations sur ce Hugo Donovan

Mmh tu es ici depuis ta première année et chez les Licornes, du coup, tu t'y sens bien ? Tu as des personnes sur qui tu peux compter ?









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Hugo Donovan
ordre de la licorne
Dim 25 Fév - 21:14



The blue boy
Hugo Donovan & Leyth H. Walsh

Tu passes une main fatiguée sur ton visage, la journée a été épuisante et parler de ton âme brisée ne t’aide pas. Même si tu vois que l’apprenti infirmier effectue admirablement son travail. Tu aimerais bien être chez toi devant la cheminée du salon familial avec un lait chaud ou quelque chose de sucré, à regarder paisiblement le temps s’écouler, sans penser à demain. Sans penser à toutes ses choses qui te rende triste et qui te blessent, sans penser à la magie qui coule dans tes veines. Tu es utopiste, petite licorne. Tu as peur aussi de voir ce que te réserve le futur. Pourtant, tu n’as pas le choix. Même à l’abri dans ton cocon, le monde continuera de tourner, et le temps à s’écouler. Inlassablement.

« Je ne les comprends pas... » Tu regardes l’autre adolescent. Ses propos sont clairs, criant de vérité, mais ce n’est pas ta vision des choses. Tu n’es pas quelqu’un de curieux, tu ne vas pas aller questionner l’autre car il ne ressemble pas à ce que les élèves ou les enseignants attendent de lui. Au contraire, tu vas simplement être toi si jamais tu dois lui parler. Ni plus. Ni moins. « Je ne sais pas ce que les gens cherchent… » Cela est un mystère pour toi. Tu es quelqu’un de simple. Tu es quelqu’un qui ne fait pas de bruit, qui ne fais pas de vague. Qui réussirait à ce faire oublier s’il n’y avait pas ta maudite particularité. Tu te rends compte que c’est comme un aimant pour les autres. Après tout, tu dénotes. Tu ne ressembles pas aux standards, à ce que l’on attend que tu sois. Est-ce une mauvaise chose au final ?

Tes prunelles ambrées suivent les feuilles qui se tournent. Tu n’as pas grands doutes en réussissant à déchiffrer quelques mots à l’envers. C’est ton dossier médical. Tu le laisses le parcourir. Il ne doit pas y avoir grand-chose. Juste deux trois lignes. Peut-être quelques notes de tes enseignants sur tes absences. Tu assistes aux cours Hugo, mais tu te perds bien vite dans tes pensées, oubliant le monde qui t’entoure. Et n’écoutant pas le cours au final. Tu es là, à fixer le vide. C’est un de tes camarades qui te secoue avec plus ou moins de douceur et qui t’indiques que le cours est terminé. Tu restes silencieux, avant de décider de faire suite aux paroles du soignant.

« Je… Je ne suis pas en colère contre eux. » Ta voix se teinte de douceur. Tu passes d’une émotion à une autre, toujours dans la maîtrise. Toujours sans hausser la voix. Comme si tu t’étais habitué à ne pas laisser entendre tes émotions, jugeant que tu n’avais pas besoin de cela. « Je suis plus agacé… Triste de voir qu’ils n’arrivent pas à voir la personne comme un tout. À la voir telle qu’elle est vraiment, sans jugement… »

La mélancolie colore tes mots. Tes paroles sont hésitantes et pourtant emplies de bienveillance. Pour ses mêmes personnes qui te jugent sans connaître. Qui n’ont jamais pris le temps d’apprendre qui tu étais vraiment. Mais as-tu des choses à leur raconter ? As-tu envie de leur parler de toi. De ce que tu aimes ? Tu sais bien que non. Tu es quelqu’un de secret, tu préfères garder pour toi tes pensées, tes envies et tes peurs. Tu détournes d’une certaine manière la conversation. Tu n’aimes pas parler de toi. Tu préfères parler des autres. C’est moins effrayant.

« Mes camarades ? » Tu n’as pas grand-chose à dire à leur sujet, tu les côtoies sans forcément être proche d’eux. Ils connaissent ton prénom, tu connais les leurs. Vous travaillez parfois ensemble lorsque cela est nécessaire. Mais c’est tout. Tu n’es pas un papillon social, tu es plus introverti. Tu préfères créer de vrais liens, peu nombreux que d’uniquement connaître les gens en surface, te limiter aux apparences et à ce qu’ils veulent montrer aux autres, au monde. Mais il y a une personne qui à une place à part pour toi au sein d’Aghaistin. C’est Olivia. Un léger sourire fleuri sur tes lèvres quand tu penses à elle. C’est ta meilleure amie. Tu n’as pas d’autres sentiments à son égard que ceux-là. Votre amitié est pure, sans arrière-pensées. « Il y a Olivia aussi. Je suis heureuse que l’on se soit rencontré. » Tu parles un peu d’elle, en quelques mots, sans t’éterniser. Tu es pudique sur le sujet. Et vu son caractère, tu es persuadé qu’elle a déjà visité l’infirmière à plusieurs reprises.

«Est-ce que je peux avoir un peu d’eau s’il vous plaît ? », demandes-tu avec politesse. Il y a un petit moment que tu es là, en tête-à-tête avec Leyth, mais surtout face à toi-même et à tes questions. Petit à petit, tu trouves des réponses. Et même si tu n’es sûrement pas prêt à les accepter, c’est bien. Tu progresses Hugo.
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Leyth H. Walsh
Apprenti Infirmier
Lun 26 Fév - 12:25

"The blue boy"
-V-
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Tu hoches doucement la tête en le regardant de tes yeux océan.
Iris d'eau.
Vagues de douceur sur le visage.
Tu laisses ton crayon flotter sur tes doigts, roulant entre tes phalanges et puis tu te dis, Leyth, tu te dis que ce garçon est touchant.
Dans ses paroles, dans ses propos.
Une bienveillance innocente, innée et naturelle, un soleil caché par des nuages noirs beaucoup trop noirs.
Un ciel bleu que l'on délave.
Un ciel que l'on voile.
Et tu n'aimes pas ça, Leyth.
Tu détestes ça.
T'as la gorge qui s'coupe, les yeux qui s'flouent, perdu dans l'vague.
Tu tentes de comprendre mais tu divagues.
Puis tu sais pas, tu sais pas quoi dire, les mots te fuient, ils t'évitent comme la peste et tu comprends pas.
Tu ne t'es jamais posé cette question.
Tu n'as jamais eu ce problème parce que le problème ça a toujours été toi.
Toi avec toi même.
Alors tu comprends pas.
T'es peut être un peu naïf, trop compréhensif, à pardonner l'impardonnable, tu sais pas.
Le problème c'est toi.
Pas les autres.
Les autres tu les aimes, inconditionnellement, d'un amour à t'en faire mal.
D'un amour qui étrangle.
D'un amour qui ensenglante.
Alors tu t'en veux parce que t'as pas de réponse à lui donner.
Tu t'en veux parce que les mots t'échappent pris dans un tourbillon, noyés dans l'eau de tes abysses.

Mais ta question se perd elle aussi, elle ne trouvera pas de réponse, voilà qu'Hugo l'évite, marrée noire montante, il la fuit.
Mais finalement, son silence n'est-il pas une réponse ?
Parce que c'est douloureux d'en parler.
Parce que la solitude le blesse.
Parce qu'il y a des mots qui ne parviennent pas à franhir la barrière de nos lèvres.
Tu ne sais pas.
Mais lorsque tu vois un sourire étirer ses lèvres tu te dis qu'au moins, il n'est pas seul. Qu'il a quelqu'un.
Quelqu'un qui lui est cher.

Ça fait plaisir de te voir sourire, c'est bien que tu ais Olivia

Et puis, subitement tu fais tomber ton stylo.
Mauvais geste.
Maladresse
pas vraiment ...
À l'entente de ce vouvoiement tu grimaces légèrement.
Ça ne te va pas.
Et puis il t'avait tutoyé.
Mais tu acquiesces et te lèves

Oh oui, bien sûr, excuse-moi, je vais t'en chercher un


Et te voilà qui disparaîs avant de revenir quelques instants plus tard un verre d'eau à la main que tu poses devant le jeune homme.

J'ai conscience que ça doit être ... compliqué de parler comme ça, surtout à un "inconnu" mais je suis aussi là pour ça et je fais de mon mieux pour aider ceux qui en ont besoin.
Donc vraiment tu n'as pas à hesiter à me parler, je ne compte pas te laisser tout seul d'accord ?
Tu n'es pas tout seul, tout le monde le dit, je sais, mais c'est vrai








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Hugo Donovan
ordre de la licorne
Jeu 1 Mar - 18:43



The blue boy
Hugo Donovan & Leyth H. Walsh

« Olivia est quelqu’un de bien. » Même si la jeune femme laisse souvent d’autres impressions, bien moins positives avec son franc-parler et sa voix qui portait loin. C’est en quelques mots ton opposée, mais aussi ta plus fidèle alliée. Et la personne qui allait te faire changer d’avis sur l’hippogriffe était encore loin.

Tu croises brièvement ses orbes clairs qui sont le reflet de l'océan avant de suivre le stylo qui chute. Un océan qui apaise. Un océan qui calme. Mais aussi un océan qui a ses failles. Tu t'es rendu compte que malgré son professionnalisme, tes dires le troublaient parfois. Ce stylo qui est tombé il y a quelques instants. D’autres détails que tu n'as pas remarqués. Tu ne sais pas ce qui le dérange puis qu'il n'était qu'un inconnu quelques heures auparavant. Mais ça t’embête, tu n’aimes pas cette sensation-là. Tu essaies de te souvenir de tes mots, mais tu n'y arrives pas. Comme il l'a si justement dit, vous n'avez que quelques années d'écart et tu ne connais pas son vécu. Tu lui as livré beaucoup d’informations aussi. Et tu comprends aussi qu'il peut être fatigué vu l'heure. Tu perds la notion du temps ici, déjà qu'en temps normal tu n'y prêtes guère attention.

Tu le remercies avant de prendre quelques gorgées de la boisson cristalline que le soignant t’a apporté. Avec la température extérieure une tisane ou du lait chaud t’aurai mieux convenu, mais tu ne veux pas le déranger. Mais le liquide apaise un peu ton esprit et calme les tremblements de tes mains. Une fois le contenant vidé de moitié, tu le poses sur le bureau, sans un bruit. Un peu à ton image. Tu risques d’en avoir besoin après, tu le pressens.

Les gens comme toi sont rares. Les gens comme toi sont méconnus. Ils effraient autant qu'ils fascinent. Les potions et les sortilèges de transformation ont leurs limites. Pas toi. Tu peux modifier ton corps, en totalité ou en partie selon ton bon vouloir. Sur la durée que tu souhaites. Si demain, tu as envie de changer de corps, de le vieillir, tu peux. Tant de possibilités qui s'offrent à toi. Et qui te font du mal. Tu cherches. Tu testes. Tu ne comprends pas. Tu cherches de nouveau et tu souffres. Certains s'amuseraient avec. Toi, tu te perds dans cette liberté. Et Leyth semble l’avoir bien compris. Qu’as-tu à perdre de lui raconter un peu plus ta vie, tes tourments ? Tu n’as rien à perdre petite licorne. Hormis un peu de temps, et encore, ce n’est pas certain. Alors ose ? Tu n’as rien à perdre, tu prends simplement le risque d’être déçu.

« Je… n’aime guère parler de moi… » Les mots glissent, s’enchainent, s’envolent. « Mais j’ai envie de te croire Leyth. J’ai peur… J’ai peur de l’avenir autant que de moi-même ou des autres. Je ne sais pas qui je suis, ni qui j’ai envie d’être. Je… Ma magie ne m’aide pas… Je suis un métamorphomage et je le serais jusqu’au bout… C’est aussi une… » Tu reprends ton souffle. « Une partie de moi que je dois accepter… Même… Même si elle laisse un vide… Un vide que je ne sais pas combler… Comme un précipice en fait… Un précipice dans mon âme… »

Une larme roule sur ta joue. Puis une autre. Tu t’étais promis de ne pas pleurer pourtant Hugo. Mais c’est trop difficile de les garder pour toi ce soir.

« Je veux bien ton aide s’il te plaît… »
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Leyth H. Walsh
Apprenti Infirmier
Mar 6 Mar - 12:07

"The blue boy"
-1-
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Il s'essouffle Leyth, il s'essouffle.
Ce sont les mots qui se déversent et se versent, les lettres qui remontent à la surface de sa bouche et les paroles qui dégringolent de ses lèvres.
Tout se précipite le long de sa gorge, il va vite.
Il enchaîne.
Parce que ses pensées se déchaînent.
Plus vite ce sera dit, plus vite ce sera fait.
Oh, Leyth, tu sais, tu sais combien parler peut être difficile, tu sais que les mots peuvent être tranchants, ceux qu'on garde et qui s'agglomèrent, ceux qu'on garde et qui s'agglutinnent au fond de la gorge, et l'on tousse, encore et encore parce que, ça gêne n'empêche.
Mais on se noie dans les non-dits, ces pensées et ces paroles qui s'engouffrent dans nos poumons comme l'eau de l'océan.
On boit la tasse et puis on supphoque.
On arrive plus à respirer.
Faut souffler.
Reprendre sa respiration, remonter à la surface avant de replonger.
Alors tu écoutes le bleu, acquiesces, entends, comprends et puis, faut le dire, il t'impressionne.
Il laisse un flot l'emporter, il ne va pas contre la vérité ni contre ses pensées, il recrache l'eau avalée pour s'en délivrer pour pouvoir souffler, un peu, un peu plus, pour reprendre sa respiration.
T'es pas capable de ça, toi, Leyth, n'est ce pas ?

C'est un appel à l'aide.
Homme à la mer.
Mais toi, Leyth, t'es là, tu le laisseras pas se noyer, qu'il en soit sûr.
L'eau remonte, la tempête qui s'éprend de son esprit fait des ravages et les vagues s'écrasent contre les parois de son corps avant qu'elles ne parviennent à briser le barrage et qu'une goutte solitaire glisse le long des ses joues.
Larme érosive.
Son visage se délave et tu sais pas quoi faire, t'hésites, Leyth, t'hésites mais finalement tu poses ta main chaude sur la sienne, l'encercle de ta chaleur autant que tu le peux.
Froideur au creux de tes mains.
Ça va aller, ça va s'arranger.

Ne t'inquiètes pas, je te laisserai pas Hugo, on a le temps et on prendra le temps qu'il faudra ok ?

Il doit être épuisé, fatigué, il faut dire, lutter est dur mais s'abandonner nécessite  beaucoup plus de force que l'on croit.
Nager à contre courant épuise, mais se laisser emporter par le courant fait peur.

Le vent froid siffle et s'abat contre les vitres, tu le regardes un instant avant de lui dire que tu vas lui chercher quelque chose de chaud.
Le froid de la nuit s'immisce mais celui du coeur est encore plus glacial.
Tu déposes alors devant lui une tasse fumante aux effluves de chocolat.

Parce qu'un homme à la mer on le remonte, on le sauve, on le réchauffe d'une couverture chaude que l'on étend sur ses épaules. Boisson chaude au creux des lèvres on attend qu'il ne tremble plus et qu'il soit prêt à nous conter son histoire réchauffer par la chaleur d'une hospitalité.







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Hugo Donovan
ordre de la licorne
Sam 10 Mar - 11:47



The blue boy
Hugo Donovan & Leyth H. Walsh

Tu te frottes les yeux avec la manche de ton pull pour sécher l’eau qui a décider de quitter tes prunelles ambrées. Qu’importe que ta peau pâle rougisse dessous. Mais elles continuent de couler malgré tout pendant quelques instants, secouant tes épaules et ton corps. Toutes ses émotions, toutes ses choses que tu as toujours essayé de garder cachées se font maintenant visible. Tu n’as pas l’habitude de te montrer si vulnérable devant l’autre. Tes cheveux trahissent bien souvent ton humeur, mais tu as appris à vivre avec. Mais tes larmes, elles, n’appartiennent qu’à toi. Tu en éprouves de la gêne Hugo, mais pas de honte. Leyth a réussi à passer outre ta défiance première et à trouver les mots justes pour que tu réussisses à extérioriser, à mettre des mots sur ce qui n’en avait pas quelques heures auparavant. Sa posture bienveillante y est pour beaucoup, et plus qu’un apprenti-infirmier, il est quelqu’un qui a mérité que tu te livres à lui comme tu viens de le faire.

Sa main qui se pose sur la tienne te prend au dépourvu. Leyth a franchi une barrière. Est-ce la sienne ou la tienne ? Ce n’est pas un geste anodin, et il a pris le risque que tu te brusques ou que tu te renfermes de nouveau. Il ne s’est pas trompé. Au contraire, cela t’apaise, te rassure et te calme. Tu avais besoin de ce contact physique. Ce toucher qui signifie : « Je suis là. Tu n’es pas seul. Je vais t’aider. » Tu essaies d’apaiser ta respiration, les tremblements involontaires de ton corps. Il te faut du temps. Plusieurs longues minutes s’écoulent sans que rien d’autre que les paroles du soignant et vos souffles ne brisent le silence. Il a raison. Le premier pas est fait. Peut-être le plus dur, peut-être le plus simple. Tu ne sais pas ce qu’il va advenir dans un futur proche. Mais tu sais que tu ne chemineras plus seul. Bien sûr, tu seras le seul à faire face à tes tourments et à la résoudre. Il ne faut pas que tu l’oublies. Chaque problème à sa solution. Et si tu ne la trouves pas petite licorne, c’est que tu n’as pas encore cherché, ou, tout simplement, que ce n’est pas encore le bon moment. Chaque chose en son temps, un pas après l’autre. Ça va aller Hugo. Ce n’est pas toi qui dis aux autres que tout finira par aller mieux ? Alors que bien souvent, tu n'y crois pas toi même.

Tu respires de nouveau, tu n’es plus envahi pas le flot des émotions. La fatigue de la journée te tombe dessus et la boisson chaude qu’il t’apporte est salvatrice. Le remerciant du bout des lèvres, tu entoures la porcelaine de tes mains, profitant de la chaleur qui en irradie. Ça fait du bien, ça apaise. Tu trempes tes lèvres dans la boisson sucrée qui réchauffe ton corps. Qui réchauffe ton âme. Tu la sirotes lentement, prenant ton temps, à petites gorgées. Tu sembles perdu dans tes pensées, le regard dans le vague. Tu profites simplement du calme qui règne. Le calme après la tempête. Vous l’avez bien mérité. Et ce silence qui te semblait si lourd à ton arrivé te semble maintenant si doux. Tu relèves la tête, doucement, avant de poser tes prunelles fauves vers le soignant. Ton visage porte les traces de tes émotions et tu ne te sens pas prêt à lui sourire, mais tes propos parlent pour toi.

« On prendra le temps qu’il faudra »

Tu appuies tes dires d’un hochement de tête, serrant un peu plus fort la tasse dans les mains. Ta voix trahie ton épuisement, mais ce n’est pas grave. On ressent ta conviction dans ses quelques mots. Il te faudra du temps, mais tu y arriveras.
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